Retour sur la semaine de mobilisation en Presqu’île

Double front pour l’ACIL : mobilisation nationale et bataille locale contre la ZTL.

Du 10 au 16 juin 2025, l’Association des Chauffeurs Indépendants Lyonnais (ACIL) a mené une mobilisation inédite au cœur de la Presqu’île de Lyon. Pendant six jours consécutifs, un piquet a été maintenu à l’angle des rues Grenette et du Président-Édouard-Herriot. Une démonstration de force rare, qui a combiné revendications nationales sur l’avenir de la profession et contestation locale du nouveau plan de circulation lié à la Zone à Trafic Limité (ZTL).

Un cortège massif, puis un piquet tenu jour et nuit

Le mouvement a débuté le 10 juin par un cortège de 300 à 400 chauffeurs VTC, parti de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) dans le 2e arrondissement. Ce cortège portait les revendications nationales : dénonciation de la saturation du marché, explosion du nombre de cartes professionnelles délivrées, et appel au gel immédiat des examens VTC pour endiguer une précarisation massive.
Arrivé rue Grenette, le cortège s’est transformé en piquet fixe, maintenu toute la semaine, bloquant symboliquement la circulation au cœur de la Presqu’île.

Revendications locales : la ZTL dans le viseur

Au-delà du volet national, l’ACIL a placé au premier plan la contestation du nouveau plan de circulation et des fermetures imposées par la ZTL. L’association a dénoncé les “checkpoints urbains” instaurés par les sens interdits Herriot/Grenette et Brest/Grenette, qui morcellent désormais le centre-ville en deux zones étanches.
L’une des demandes principales concernait le retrait du sens interdit qui empêche de traverser la rue Grenette depuis la rue du Président-Herriot.
L’autre exigence centrale : la réouverture de la rue Grenette comme sortie de la ZTL vers la Saône et le Rhône, et son ouverture partielle en entrée aux heures creuses. Pour l’ACIL, ces mesures relèvent du simple bon sens : elles raccourciraient les trajets des ayants-droits, réduiraient les détours inutiles et contribueraient à un réel apaisement de la circulation.

Des échanges avec les Lyonnais

Tout au long de la semaine, commerçants, riverains et passants sont venus rencontrer les chauffeurs mobilisés. Ces discussions ont permis de rappeler que la fermeture de certaines rues clés fragilise encore davantage un centre-ville déjà en difficulté, et que l’intégration des VTC aux ayants-droits de la ZTL — finalement obtenue grâce au travail de terrain de l’ACIL — était loin d’être acquise au départ.

Dialogue politique : avancées et regrets

L’ACIL salue la venue sur le piquet de Valentin Lungenstrass, adjoint au Maire de Lyon en charge des mobilités, de l’urbanisme et de l’espace public, et de Fabien Bagnon, vice-président de la Métropole de Lyon délégué à la voirie et aux mobilités actives. Leur écoute a permis d’ouvrir un dialogue concret sur les ajustements nécessaires.
En revanche, l’absence du maire d’arrondissement a été remarquée. Malgré une semaine entière de mobilisation dans les rues emblématiques de son arrondissement, il n’a pas jugé utile de rencontrer les chauffeurs, alors même que certaines de ses prises de position récentes rejoignent plusieurs critiques locales formulées contre la ZTL. Une absence “bruyante”, qui contraste avec ses apparitions publiques aux côtés d’autres opposants à la ZTL — mais pas des VTC.

Une mobilisation déterminée

En occupant le cœur de la Presqu’île pendant six jours, l’ACIL a montré qu’elle pouvait inventer de nouvelles formes de mobilisation, mêlant action de terrain et dialogue avec les citoyens. Entre revendications nationales et bataille locale, cette semaine de juin restera comme un moment charnière : les VTC lyonnais ont démontré leur capacité à peser dans le débat public et à défendre leur droit à travailler dans des conditions justes et cohérentes.


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