Flambée du carburant : l’ACIL appelle à des mesures adaptées pour le secteur VTC

Une réunion s’est tenue aujourd’hui au ministère des Transports, en présence du ministre Philippe Tabarot et de la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon, consacrée à la hausse du prix du carburant.

L’Association des Chauffeurs Indépendants Lyonnais (ACIL) y représentait les travailleurs du secteur VTC.

Un impact immédiat sur des équilibres déjà fragiles

Cette réunion intervient dans un contexte déjà dégradé pour la profession. Le secteur fait face à une augmentation continue du nombre de chauffeurs, à une baisse des revenus et à une progression des commissions des plateformes.

Dans cet équilibre, la hausse du carburant produit un effet direct sur le revenu net des chauffeurs, sans possibilité d’ajustement.

En effet, les chauffeurs VTC ne peuvent pas fixer librement leurs tarifs lorsqu’ils opèrent via les plateformes. Ils ne sont donc pas en mesure de répercuter l’augmentation de leurs coûts d’exploitation, ce qui accentue leur vulnérabilité économique.


Une différence de traitement persistante

L’ACIL a également rappelé l’existence d’une différence de traitement avec les autres professions du transport.

Contrairement aux transporteurs routiers de marchandises, au transport collectif de voyageurs ou aux taxis, les chauffeurs VTC ne bénéficient d’aucun mécanisme de remboursement partiel de l’accise sur l’énergie, alors même qu’ils exercent une activité professionnelle de transport.

Cette situation crée une inégalité de traitement qui fragilise encore davantage le secteur.


Les propositions portées par l’ACIL

Face à cette situation, l’ACIL a défendu une position pragmatique, articulée autour de mesures immédiates et structurelles.

Sur le plan social et fiscal :

  • Mise en place d’aides directes pour les exploitants VTC
  • Mise en œuvre de mécanismes d’exonérations de cotisations sociales et fiscales, afin d’amortir immédiatement la hausse des coûts d’exploitation

Sur le plan structurel et environnemental :

  • Mise en place d’un prêt à taux zéro (PTZ) dédié aux professionnels du transport public particulier de personnes, afin de faciliter le renouvellement des véhicules vers des modèles électriques. Ce dispositif constitue un levier central pour engager la transition écologique du secteur, tout en répondant à un enjeu de souveraineté énergétique, en réduisant la dépendance aux énergies fossiles et à la volatilité de leurs prix
  • Réorientation des subventions publiques vers le soutien à la consommation énergétique, notamment par la mise en place d’aides à la recharge électrique, et non uniquement au financement des infrastructures
  • Adaptation du malus écologique, en particulier celui lié au poids des véhicules, aujourd’hui inadapté aux contraintes opérationnelles du secteur

Aucune annonce concrète n’a été formulée à l’issue de cette réunion.

La situation appelle désormais des réponses à la hauteur des enjeux, à la fois économiques et environnementaux. La transition du secteur VTC ne pourra être engagée sans un accompagnement adapté des professionnels.

L’ACIL restera pleinement mobilisée pour porter ces enjeux auprès des pouvoirs publics.